Une ancre, un sous-marin, un palmier… Que raconte ce drôle de décor sur un sac militaire ? Dominique Goujon l’a réalisé lui-même. Ses dessins nous entraînent dans les pas d’un jeune marin des années 1970, entre apprentissage d’un métier et rêves d’ailleurs.
Un sac à son image
En 1973, Dominique Goujon reçoit ce sac à son entrée dans la Marine, à Hourtin, pour transporter ses effets militaires et ses vêtements. À dix-sept ans et demi, il quitte le foyer familial et rencontre des jeunes venus d’horizons différents.
Comme ses camarades, il personnalise son sac au fil du temps. Sans décoration, il le trouve un peu triste ! Chacun y met sa touche personnelle, avec la même fierté d’appartenir à la Marine. Parmi les dessins, au dos du sac, Dominique représente un aviso escorteur, un type de navire à bord duquel il a effectué une sortie pendant sa formation. La suite de chiffres sur la poignée, elle, correspond à son matricule.
Pavillons croisés et jumelles : l’insigne des timoniers
Associé à l’ancre, l’insigne des timoniers résume les deux missions du métier : transmettre des messages et surveiller l’horizon.
De 1973 à 1976, Dominique Goujon exerce cette spécialité sur le sous-marin Espadon. Un choix qui s’inscrit dans une histoire familiale : son grand-père était lui aussi timonier pendant la Première Guerre mondiale.
À bord, l’apprentissage est constant. Chaque marin approfondit sa spécialité et s’enrichit du travail du reste de l’équipage, pour pouvoir suppléer éventuellement un camarade. « La solidarité à bord est essentielle », souligne l’ancien sous-marinier.
Un palmier pour horizon
Au milieu des références militaires, le palmier invite au voyage. Il évoque les espoirs du jeune marin de partir « faire campagne » sous les tropiques. Avec ses camarades, ils rêvent de voyages au bout du monde.
Pourtant, ce sac reste à terre lorsque Dominique embarque : à bord de l’Espadon, l’espace restreint limite les effets personnels à une petite valise. À quai, les journées sont bien remplies, entre exercices, tiers de service, contrôles médicaux et corvées de vivres. Les timoniers mettent à jour les cartes et entretiennent les montres, indispensables à la navigation astronomique.
Quant aux tropiques dessinés sur son sac, Dominique finira par les rejoindre : il terminera sa carrière sur un patrouilleur en Polynésie, où il passera deux ans. Le rêve du jeune marin se sera réalisé.
Ce sac a été donné à l’Écomusée de Saint-Nazaire en 2021 par Dominique Goujon, ancien sous-marinier à bord de l’Espadon.

![[Détail] Dessinateur : Dominique Goujon. Fabricant : inconnu. Collection Saint-Nazaire Agglomération Tourisme - Écomusée. Cliché Jean-Claude Lemée. Matricule 73.10.283 de Dominique Goujon écrit à la main sur la poignée de son sac de sous-marinier](https://www.saint-nazaire-musees.com/wp-content/uploads/2026/11/2021.24.1_NUM-13820_sac-sous-marinier_matricule_espadon-560x400.webp)